Publiés dans le bulletin Didascalie entre 1986 et 1988, les quatre textes qui suivent sont représentatifs des désirs et espérances qu’exprimaient les professionnels des arts de la scène quant à leurs conditions de travail. Ces textes ont, hélas ! conservé toute leur actualité, même si les conditions ont connu une certaine amélioration et si les concepteurs jouissent d’une plus grande reconnaissance du milieu.


S’associer
Dominique l’Abbé

ASSOCIATION : Groupement de personnes qui s’unissent en vue d’un but déterminé.

CORPORATION : Association d’artisans groupés en vue de réglementer leur profession et de défendre leurs intérêts.

ORDRE : Association, groupe de personnes soumises à certaines règles professionnelles, morales ou religieuses.

SYNDICAT : Association qui a pour objet la défense d’intérêts professionnels (amélioration des conditions de production, d’exploitation, d’achat, de ventes; relations entre employeurs et salariés; salaire, conditions de travail, etc.).

Nous avons une charte L.R.Q., S-40 qui dit ceci : "les objets pour lesquels le syndicat professionnel est constitué sont l’étude, la défense et le développement des intérêts économiques, sociaux et moraux de l’ensemble des professionnels des arts de la scène, membres de l’Association".

[…]

Nous voulons travailler à la reconnaissance de nos droits en termes de définition de tâches et de rémunération. Nous voulons faire circuler l’information entre les membres et plus largement entre les différents intervenants du milieu théâtral, sans oublier les différents paliers du Gouvernement […] Nous voulons aussi parler de formation et d’échanges entre des organismes d’ici et d’outre-mer.

Extrait du bulletin Didascalie, Vol. 1, no 2, novembre 1986.
Dominique L’Abbé a fait partie du conseil d’administration de l’Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ) de 1986 à 1988. Scénographe, elle enseigne actuellement à l’Option Théâtre du Collège Lionel-Groulx.

Sans Titre
Danièle Lévesque

Depuis déjà un bon moment, d’ailleurs, depuis que je pratique le métier de scénographe, je traîne inlassablement les mêmes questions, les mêmes interrogations, du genre :

Est-ce que j’ai bien négocié mon contrat ?
Est-ce que, étant donné l’ampleur de la production, je peux demander X $, sans me faire prendre pour une prima donna ?

[…]

Les conditions de travail qu’on me propose sont-elles acceptables ?
J’ai besoin d’un/e assistant/e, en connais-tu ?
Y’a pas d’argent, mais ça prend un décor ?
J’ai pas été payée, est-ce que j’ai des recours ? Lesquels ?
Est-ce que j’ai le droit d’avoir des droits ?

C’est en analysant mon travail, mes besoins, que je m’aperçois de la pertinence et de l’importance d’une organisation qui puisse répondre à mes questions et puisse en même temps me fournir divers services en relation directe avec mon métier.

Je crois que, dans l’ensemble des gens de théâtre, nous, les concepteurs de la scène, sommes de plus en plus reconnus pour notre travail. Il est donc vigoureusement nécessaire, maintenant, de se rallier pour arriver à obtenir une représentativité au sein même de ce milieu.

Extrait du bulletin Didascalie, Vol. 2, no 2, 22 août 1988.
Danièle Lévesque est scénographe. Elle a fait partie du conseil d’administration de l’Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ) de 1991 à 1996.


Nous avons déjà reçu des 50 $ !
Pourquoi ?
Claude Goyette

Votre présence au sein de l’Association, c’est votre présence partout. CQT, MAC, CAC, CIDEM, CACUM, TAI, IIT, AQCT, USITT, ABTT, ADC, PACT, CTM, CECM, BCP, DDT, ETC. Parce que l’on est partout (odeur divine) mais aussi parce que l’on doit se faire entendre partout et partout entre nous.

[…]

Nous devons quitter l’attitude misérabiliste de ceux qui donnent parce qu’ils reçoivent pour adopter celle de ceux qui échangent des services comme tout professionnel qui se respecte. Il n’y a pas de honte à tarifier nos efforts et il n’y a pas de danger à étudier notre mode de travail.

Extrait du bulletin Didascalie, Vol. 2, no 3, 26 septembre 1988.
Membre fondateur de l’Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ), Claude Goyette est scénographe. Il a siégé au conseil d’administration de 1984 à 1985, puis il en a été le président de 1991 à 1994.


Bien-être social ou bien-être théâtral ?!!!
Michel-Pierre Boucher

Ahuri, voilà comment je me retrouve en constatant que les choses $$$$$$$$ n’ont à peu près pas changé dans le beau monde du théâtre où je suis revenu après une éclipse de neuf ans.

[…]

Bien sûr, j’ai constaté que même pour le théâtre, les prix des matériaux ont suivi les hausses du coût de la vie tout comme le prix des billets, que, si les cachets des gros noms ont plutôt plafonné, ceux des jeunes comédiens se sont considérablement améliorés - serait-ce parce qu’ils se parlent, se tiennent, ont l’UDA ? Mais je me suis surtout rendu compte que les revenus des professionnels des arts de la scène - les APAS.sibles - n’ont à peu près pas augmenté et sont par le fait même carrément devenus dérisoires.

[…]

N’attendez pas de réponse, je n’ai que des questions. Pourquoi les régisseurs, les décorateurs, les costumiers, les éclairagistes et tous les autres piliers de la création théâtrale touchent-ils les mêmes cachets - à 5 % près - qu’il y a dix ans ? Pourquoi travaillent-ils encore avec des moyens aussi limités ? Parce qu’il n’y a pas de budgets ? Mais alors pourquoi ne force-t-on pas la révision des critères qui les déterminent ces fameux budgets au lieu de les prendre pour acquis ? Le théâtre est-il un vampire qui se nourrit de ceux qui y travaillent dans l’ombre ? Est-ce parce que des plus jeunes et des plus fous espèrent encore ? Pourquoi est-on mieux payé pour enseigner que pour pratiquer son art ? Pourquoi les plus grands bailleurs de fonds sont-ils le B.S. et le chômage ? Sommes-nous victimes de notre individualisme, d’une illusion de compétition et de rivalité ? Pourquoi, à compétence, formation et responsabilités égales dans d’autres secteurs de la vie économique, les professionnels des arts de la scène ne sont-ils pas seulement les plus mal payés mais aussi les plus exploités ? Ne sommes-nous pas politiquement et socialement rentables, alors pourquoi pas aussi économiquement ?

Extrait du bulletin Didascalie, Vol. 2, no 4, 1er janvier 1989.
Michel-Pierre Boucher a œuvré dans plusieurs secteurs de la scène québécoise. Membre fondateur de l’Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ), il a fait partie du conseil d’administration jusqu’en 1986 (au poste de secrétair - il omettait délibérément le «e» final du titre de secrétaire).

 

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